Je sors de 3 jours de confinements en silence avec moi-même.

Sans téléphone, sans musique, sans internet, sans ordinateur, sans contact.

Ma simple présence avec moi-même.

Depuis des mois, mon corps m’appelle à lever le pied, ralentir, m’ouvrir à des choses qui avaient besoin d’être accueillies, entendues, soutenues.

Il y a un an, je suis partie sans me retourner.

J’ai quitté une relation, mes amis, ma famille, mes repères.

Remise à 0 totale.

Saut dans le vide impulsé par la vie qui m’a mis une tonne de synchronicités sur mon chemin. J’étais perdue, bouleversée, anéantie par le chagrin de quitter quelqu’un que j’aimais.

Ce n’est pas MOI qui l’aie décidé. Ca s’est fait. Je n’avais pas le choix.

J’ai découvert qu’on pouvait quitter une personne par amour.

Parce que quand on aime quelqu’un, on veut son bonheur.

Et on était arrivé à un point où je savais que ma présence serait plus une source de souffrance que de bonheur.

Mais souvent on s’attache, on s’accroche, on se cramponne.

Et puis est venu le moment où l’évidence devient insupportable. On ne peut plus se mentir.

Un des deux doit prendre la douloureuse décision. Celle de faire mal.

Comment trouver la force de quitter une personne avec qui il y a une tendresse infinie, un respect et de la confiance depuis des années, à qui tu n’as rien à reprocher.

Et pourtant…cette sensation que tu n’as pas le choix de faire autrement.

Prendre la décision c’est faire un acte de foi envers la vie.

Lui dire un grand OUI au milieu des larmes.

Ce jour là, dans la rue, j’ai failli m’évanouir car je n’arrivais à le dire. Et pourtant, une voix plus grande me disait « Fais-le. Saute, on te rattrapera ».

Alors j’ai pris la décision de partir sans me retourner.

Je l’ai à peine dit à mes amis. Je n’ai pas pris le temps de dire au revoir. Ca faisait trop mal.

Je devais vivre ce pas-sage seule. Hurler ma peine et ma rage seule, avec dans le même temps la certitude intime que c’était exactement ce que je devais faire.

Une étrange sensation d’être entourée et guidée par des forces invisibles.

Je savais que je pouvais faire ce grand saut dans l’inconnu en toute sécurité malgré mes peurs.

Un pari avec la vie.

Alors oui, j’avais besoin de ces 3 jours. Pour m’arrêter.

Et me retourner…

Mai-Lan

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