Incline-toi devant tes maladresses – Jeff Foster

Souris-leur.
Sois ami avec ton incompétence.
Ris quand tu trébuches et tombes. Ce sont des ondes précieuses dans l’immensité indéfinissable de qui tu es.

La perfection ne peut être atteinte dans le temps, elle n’est trouvée que dans la présence ; la présence de l’imperfection te fait réel, fiable, et c’est parfait…

Tu seras cohérent quand tu sera mort…

Jusque là, célèbre ton idiotie, ta merveilleuse incapacité à te conformer, ou à être à la hauteur de n’importe quelle image de toi.

Ne t’ennuie pas dans un coma spirituel.
Dis la mauvaise chose, juste pour une fois. Il y a une telle liberté à s’autoriser à merder, à être gentil avec ses erreurs, à embrasser le sol et se relever à nouveau, à adorer la chute aussi.

Ne laisse pas ta spiritualité engourdir ton humanité, ton humilité, et le plus important, ton sens de l’humour.

JEFF FOSTER

Méditation de l’amour altruiste (Mathieu Ricard)

Pour méditer sur l’amour altruiste, il faut commencer par prendre conscience qu’au plus profond de nous-mêmes nous redoutons la souffrance et aspirons au bonheur. Cette étape est particulièrement importante pour ceux qui ont une image négative d’eux-mêmes ou ont beaucoup souffert, et qui estiment qu’ils ne sont pas faits pour être heureux.

Engendrons une attitude chaleureuse, tolérante, et bienveillante envers nous-mêmes ; décidons que, dorénavant, nous ne nous voulons que du bien.

Une fois reconnue cette aspiration, nous devons ensuite admettre le fait qu’elle est partagée par tous les êtres. Reconnaissons notre humanité commune. Prenons conscience de notre interdépendance. La chemise que nous portons, le verre dans lequel nous buvons, la maison où nous habitons, tout cela n’est possible que grâce à l’activité d’innombrables autres. Le plus simple objet de notre vie quotidienne est comme imprégné de la présence d’autrui. Réfléchissons à l’origine de la feuille de papier blanc sur laquelle nous écrivons.

D’après Greg Norris qui étudie le « cycle de vie » des produits manufacturés, au moins trente-cinq pays sont impliqués dans la fabrication d’une feuille de papier. Imaginons le bûcheron qui a coupé l’arbre, l’ouvrier dans son usine, le transporteur dans son camion, la boutiquière à son comptoir ; comme nous, ils ont une vie avec des joies et des souffrances, des parents et des amis. Tous partagent notre humanité ; aucun d’entre eux ne souhaite souffrir. Cette prise de conscience doit nous amener à nous sentir plus proches de tous ces êtres, à ressentir de l’empathie à leur égard, à être concernés par leur sort et à leur vouloir du bien.

Faisons d’abord porter notre méditation sur un être cher

Il est plus facile de commencer à nous entraîner à l’amour altruiste en pensant à quelqu’un qui nous est cher. Imaginons un jeune enfant qui s’approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d’innocence. Nous lui caressons la tête en le contemplant avec tendresse et le prenons dans nos bras, tandis que nous ressentons un amour et une bienveillance inconditionnels. Laissons-nous imprégner entièrement par cet amour qui ne veut rien d’autre que le bien de cet enfant. Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée.

Étendre notre méditation

Étendons ensuite ces pensées bienveillantes à ceux que nous connaissons moins. Eux aussi souhaitent être heureux, même s’ils sont parfois maladroits dans leurs tentatives d’échapper à la souffrance.

Allons plus loin ; incluons dans cette bienveillance ceux qui nous ont fait du tort, et ceux qui nuisent à l’humanité en général. Cela ne signifie pas que nous leur souhaitons de réussir dans leurs entreprises malveillantes ; nous formons simplement le vœu qu’ils abandonnent leur haine, leur avidité, leur cruauté ou leur indifférence, et qu’ils deviennent bienveillants, soucieux du bien d’autrui. Portons sur eux le regard d’un médecin sur ses patients les plus gravement atteints. Enfin, embrassons la totalité des êtres sensibles dans un sentiment d’amour illimité.

La compassion

La compassion est la forme que prend l’amour altruiste lorsqu’il est confronté à la souffrance de l’autre. Pour cela, il faut se sentir concerné par le sort de l’autre, prendre conscience de sa souffrance, souhaiter qu’il en soit guéri, et être prêt à agir en ce sens.

Pour engendrer la compassion, imaginons qu’un être cher est, une nuit, victime d’un accident de la route et gît blessé sur le bas-côté, en proie à d’atroces douleurs. Les secours tardent à arriver et nous ne savons que faire. Nous ressentons intensément la souffrance de cet être cher comme si c’était la nôtre, mêlée d’un sentiment d’angoisse et d’impuissance. Cette douleur nous atteint au plus profond de nous-mêmes, au point de devenir insupportable.

À ce moment-là, laissons-nous aller à un immense sentiment d’amour pour cette personne. Prenons-la doucement dans nos bras. Imaginons que des flots d’amour émanent de nous et se déversent sur elle. Visualisons que chaque atome de sa souffrance est maintenant remplacé par un atome d’amour. Souhaitons du fond du cœur qu’elle survive, qu’elle guérisse et cesse de souffrir.

Ensuite, étendons cette compassion chaleureuse à d’autres êtres qui nous sont chers, puis, peu à peu, à l’ensemble des êtres, en formant du fond du cœur ce souhait :

« Puissent tous les êtres se libérer de la souffrance et des causes de leurs souffrances. »

La réjouissance, la célébration et la gratitude

Il y a en ce monde des êtres qui possèdent d’immenses qualités, d’autres qui comblent l’humanité de bienfaits et dont les entreprises sont couronnées de succès, d’autres qui, simplement, sont plus doués, plus heureux, ou réussissent mieux que nous. Réjouissons-nous sincèrement de leurs accomplissements, souhaitons que leurs qualités ne déclinent pas, mais au contraire perdurent et s’accroissent. Cette faculté de célébrer les meilleurs aspects d’autrui est un antidote à l’envie et à la jalousie, lesquelles reflètent une incapacité à se réjouir du bonheur d’autrui. C’est aussi un remède au découragement et à la vision sombre et désespérée du monde et des êtres. »

Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour l’altruisme »

Appelez-moi par mes vrais noms (Thich Nhat Hanh)

Ne dites pas, je serai parti demain,

car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.

Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde
bourgeon sur une branche printanière,
oisillon aux ailes encore fragiles,
apprenant à chanter dans mon nouveau nid,
chenille au coeur d’une fleur ;
bijou caché dans une pierre.

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ; pour craindre et pour espérer :
Mon coeur est rythmé par la naissance et
la mort de tout ce qui est vivant.

Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière,
et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps
pour manger l’éphémère.

Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire,
Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.

Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique,
aux jambes pareilles à des bambous fragiles,
et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.

Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation,
Se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate,
et je suis le pirate, au coeur incapable encore de voir et d’aimer :

Je suis un membre du Politburo,
et je suis l’homme qui doit acquitter sa « dette de sang  » envers mon peuple,
mourant lentement aux travaux forcés.

Ma joie est comme le printemps, chaude,
au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.
Ma peine forme une rivière de larmes, débordante,
au point d’emplir les quatre océans.

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms,
Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,
Que je voie ma joie mais aussi ma peine.

Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms,
Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur,
la porte de la compassion.

Thich Nhat Hanh

Ose (Jeff Foster)

Aujourd’hui…
Ose te permettre d’être vu.
Ose dire la vérité.
Ose arrêter de faire semblant.
Ose rester présent au feu sacré qui brûle à l’intérieur.
Ose être sauvagement inconséquent.
Ose laisser entrer un autre.
Ose t’affranchir de ton image.
Ose ne pas être préparé.
Ose tout donner pour l’éveil de l’amour.
Ose échouer.
Ose tout fiche en l’air.
Ose tomber à terre, de nouveau humilié, en riant.
Ose rêver et laisser mourir les rêves.
Ose honorer le passé sans t’accrocher à lui.
Ose donner un « Oui » honnête et un « Non » honnête.
Ose avoir tort.
Ose avoir raison.
Ose être réel.
Ose être ici.

Aujourd’hui.

JEFF FOSTER

Guérison (Jeff Foster)

 

Tu n’es jamais loin de la guérison, car la guérison n’est pas une destination. C’est davantage un souvenir; une constante invitation.

C’est comme le soleil ; toujours là, cependant caché parfois par des nuages innocents.

Si tu te sens loin de la guérison, quand le doute fait rage, et la peine emplit ton être, et la douleur pique et brûle ; quand les joie d’hier te semblent si lointaines, et que le bonheur de demain n’est qu’un fantasme lointain;

quand tu as l’impression de vivre la mauvaise vie, et que rien ne te semble possible, arrête-toi, juste pour un instant.

Porte ton attention en dehors du passé et du futur.

Invite la curiosité dans l’instant. Dans le corps, la respiration.

Cette scène vivante. Ce jour, cette heure. Ça ressemble à quoi d’être vivant, juste pour un instant ?

Peux-tu sentir tes pieds sur la terre ?

Peux-tu sentir ton ventre se soulever et retomber ?

Et si tu n’étais pas loin de la guérison ?

Et si tu n’étais pas vraiment cassé ?

Et si la guérison ÉTAIT la présence ? Ce sens intemporel d’être vivant ?

Et si le futur était inconnu, et toutes tes peurs étaient dans ta tête ?

Et si le soleil ne s’arrêtait pas de briller, même quand la tempête fait rage ? »

 Jeff Foster

Reste proche de toi (Jeff Foster)

 Quand quelqu’un t’insulte, te réduit à une chose,

Quand on te donne un conseil que tu n’as pas demandé,

Quand quelqu’un te rend responsable de sa douleur,

Quand quelqu’un ne t’écoute pas, et parle sans arrêt de lui-même,

Quand quelqu’un te compare aux autres,

Quand quelqu’un ignore, invalide, juge ou ridiculise tes pensées ou des sentiments…

Arrête-toi. Respire.

Reconnais que c’est leur douleur, non la tienne.

Reconnais qu’ils sont en train de rêver le seul rêve qu’ils peuvent rêver jusqu’à ce qu’ils s’éveillent.

Reconnais qu’ils ne te connaissent pas, mais seulement leur fantaisie.

Peut-être ont-ils du mal à s’aimer eux-mêmes.

Peut-être cherchent-ils leur valeur à l’extérieur.

Peut-être sont-ils déconnectés de leur respiration, de leur corps, de ce qui est vivant et précieux en eux, de leur véritable vocation.

Peut-être vivent-ils dans un monde dualiste de bon et mauvais, vrai et faux, succès et échec.

Peut-être ont-ils oublié la simple joie d’être.

Peut-être que tu comprends cela.

Peut-être as-tu été là où ils ont été .

Ne cherche pas à les changer maintenant.

Peut-être ne changeront-ils jamais.

Ne cherche pas à les corriger. Ils n’ont pas demandé à être corrigés.

Plus tu pousses, plus ils te repousseront.

Ne te laisse pas prendre dans leur tissu de peines.

Vois clair, aie même de la compassion, mais ne pousse pas.

C’est OK qu’ils soient contrariés. Ça l’est vraiment.

Donne-leur l’espace pour être contrariés.

C’est OK qu’ils soient déçus par toi.

Donne-leur l’espace pour être déçus.

C’est OK qu’ils te jugent. Fais de la place pour leurs jugements aussi.

Fais de la place pour tes propres pensées et sentiments !

Permets-toi de te sentir triste, en colère, coupable, d’avoir des doutes.

Laisse ces précieuses énergies être lavées à travers toi.

Elles ne te feront pas de mal si tu leur permets de bouger.

Oui, tu rencontreras beaucoup de gardiens dans ce voyage.

Continue ton chemin quand même et permets aux autres de poursuivre le leur.

Tu n’as pas besoin de justifier ton chemin ou de le défendre.

Reste proche de toi dans ces moments éprouvants.

Ne combats pas l’obscurité; de toute façon elle n’a pas de pouvoir.

Simplement augmente ta lumière.

Jeff Foster

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