Savoir dire non et recevoir un non

Dans cette interview, Eliane Régis, formatrice en Communication NonViolente nous explique comment dire non et comment recevoir un non.

Comédienne, metteure en scène et professeure de théâtre pendant plus de 25 ans, elle a également exercé également pendant une trentaine d’années dans la formation continue en entreprises.

Elle aime explorer les liens de la CNV avec le corps, le jeu, l’improvisation notamment lors de stages afin de favoriser l’apprentissage et l’intégration du processus CNV.

Elle pratique depuis 1998 la Pleine Conscience, selon les enseignements du Maître Zen Vietnamien Thich Nhat Hanh , cet art de vivre pleinement l’instant présent, dans l’accueil de ce qui est.
Elle est reconnue comme enseignante par ce maître, depuis 2012, pour partager les pratiques de pleine conscience qu’il transmet.
Les 3 pratiques : Le théâtre, la CNV et la Pleine conscience sont, pour elle, un chemin de Vie et de liberté.

Pour en savoir plus sur Eliane Régis:
http://www.cnvformations.fr/index.php…

Toutes les formations avec Eliane Régis:
http://www.cnvformations.fr/index.php…

 

J’aime beaucoup aussi le blog http://cnv-apprentiegirafe.blogspot.fr/ qui illustre magnifiquement l’enseignement de la CNV, voici celui concernant le NON.

 

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Et pour mettre en pratique et oser s’affirmer, pensez au coaching individuel en me contactant à mailan@lesguerrierspacifiques.com

Les 4 accords Toltèques

Les Toltèques

Il y a des milliers d’années, à travers tout le Sud du Mexique, les Toltèques étaient connus comme des femmes et hommes de connaissance. Iles étaient des scientifiques et des artistes formant une société vouée à explorer et préserver la connaissance spirituelle et les pratiques des anciens. Maîtres (naguals) et étudiants se réunissaient à Teotihuacan, l’ancienne cité des pyramides située au-delà de Mexico City, connue comme le lieu où l’Homme devient Dieu.
Au fil des millénaires, les naguals ont été contraints de dissimuler la sagesse ancestrale et de la préserver dans l’ombre.

Résumé du livre:

Dans ce livre, Don Miguel révèle la source des croyances limitatrices qui nous privent de joie et créent des souffrances inutiles. Il montre en des termes très simples comment on peut se libérer du conditionnement collectif – le « rêve de la planète », basé sur la peur – afin de retrouver la dimension d’amour inconditionnel qui est à notre origine et constitue le fondement des enseignements toltèques que Castenada fut le premier à faire découvrir au grand public. Don Miguel révèle ici 4 clés simples pour transformer sa vie et ses relations, tirées de la sagesse toltèque. Leur application au quotidien permet de transformer rapidement notre vie en une expérience de liberté, de vrai bonheur et d’amour.
Les 4 accords en résumé et en vidéo:
Premier accord Toltèque : Que votre parole soit impeccable

 

C’est par la parole que nous exprimons notre pensée, nos émotions, nos désirs : ce que nous sommes.

Elle peut avoir un pouvoir à la fois créateur et destructeur selon notre intention.

Son pouvoir est équivalent à celui d’une semence « qui peut faire germer l’amour comme la haine dans l’esprit des autres. Chaque esprit est fertile à sa manière à certaines paroles plutôt qu’à d’autres, et notre domestication nous rend plus sensibles aux paroles de peur, de doute, de haine. Plus nous sommes sensibles à une parole, mieux nous la croyons ».

La parole destructrice est de l’ordre de la critique, la médisance, le jugement, le ragot, la culpabilisation, l’intolérance, l’insulte, le mensonge.

Selon Don Miguel Ruiz, « vous pouvez évaluer le degré auquel votre parole est impeccable à l’aulne de l’amour que vous avez pour vous-même ». La parole impeccable immunise contre l’enfer.

Les questions que nous devons nous poser sont :

« Comment je me parle et comment je parle aux autres? »,

« En parlant de cette façon, je construis ou je détruis? »

 

Deuxième accord Toltèque : Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Le jugement ne concerne que celui qui juge, pas celui qui est jugé. En nous libérant de la peur, on se libère de toutes les autres émotions négatives qu’elle entraîne ainsi que du jugement et des difficultés qu’elle entraîne dans la relation.
Pour se libérer de la peur d’être jugé, il est important de bien se connaître et de s’aimer soi-même pour être immunisé contre le regard des autres.

L’avis ou l’opinion d’une personne est SA vision du monde, de vous selon ses croyances, ses valeurs, son état d’esprit à un instant T!

Ce n’est pas LA réalité, c’est SA réalité.

D’ailleurs, en communication non violente, les jugements sont l’expression tragique de besoins non satisfaits. Quand nous prenons conscience de cela, nous comprenons que cela ne nous concerne pas, mais concerne les besoins de l’autre qui ne sont pas satisfaits.

Une question que vous pouvez vous poser est :

« Lorsque l’autre est en train de me juger, quel(s) besoin(s) cherche t-il à satisfaire au fond? Quel besoin n’est pas comblé chez lui? »

 

Troisième accord Toltèque : Ne faites pas de suppositions

Combien de fois nous nous gâchons la vie à force de faire des suppositions et des interprétations non fondées?

Ainsi, notre vision de la réalité n’est pas la réalité! C’est notre réalité!

Nous jugeons à travers nos croyances et nous sommes souvent amener à supposer et interpréter à travers nos propres lunettes.

Dans nos relations, nous imaginons que les autres pensent, ressentent, fonctionnent comme nous, et à chaque fois que cela s’avère faux, nous leur en voulons. Nous les aimons, non pas comme ils sont, mais comme nous voudrions qu’ils soient. Et nous imaginons également qu’ils nous jugent comme nous jugeons, et c’est cela qui crée le cercle vicieux en nous empêchant d’aller vérifier.
Arrêter de faire des suppositions permet de créer des relations et une communication plus saine, plus libre, et libérée de tout conflit inutile sur les intentions prêtées à l’autre. Il s’agit d’un travail de prise de conscience du mode de fonctionnement.

Alors, plutôt que de faire des suppositions, posons des questions sur l’intention de l’autre afin d’avoir une communication authentique et vraie. Parlez de vos sentiments et de vos besoins et non de ceux des autres si vous n’en êtes pas sûr.

Quatrième accord Toltèque : Faites toujours de votre mieux

Faire de son mieux, c’est ne jamais en faire trop et ne jamais en faire trop peu : pas d’auto-jugement possible, pas de perte d’énergie inutile dans un sens ou l’autre. Car en faire trop c’est épuiser notre énergie à venir.

En faire trop peu c’est « s’exposer » à la frustration de ne pas atteindre nos objectifs.

Faire de son mieux améliore notre motivation à agir sans s’attacher à un résultat immédiat, ce qui augmente la satisfaction par rapport à ce qui a été accompli et même le contentement général.
C’est aussi accepter nos limites, en estimant correctement nos capacités, en reconnaissant nos erreurs et en améliorant notre conscience.
C’est éviter l’inaction et poser l’action juste dans le moment présent, évitant la référence au passé et les souffrances qui peuvent en découler.
Faire de son mieux c ‘est pouvoir être soi-même sans exigence particulière, sans devoir se conformer.

« Est-ce que j’ai fait de mon mieux? »

 

Pour commander les livres:

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Si vous souhaitez changer de regard sur vous-même et mettre concrètement en oeuvre les 4 accords toltèques dans votre vie, pensez au coaching individuel, en me contactant : mailan@coachingkaizen.fr

Comment se faire des amis?

Nos relations avec les autres sont déterminantes pour notre qualité de vie !

S’il y a bien un livre à lire pour améliorer ses relations avec les autres, c’est bien celui de Dale Carnegie « Comment se faire des amis », pourtant un vieux livre mais toujours d’actualité!

La facilité de contact est un puissant moteur de succès : être recherché pour ses qualités humaines, créer la sympathie, faire passer ses idées, savoir motiver, corriger sans gâcher une relation de travail… Cela s’apprend ! Ce livre, utile à tous les âges et dans tous les métiers, vous donnera tous les conseils pour développer des relations humaines de qualité, nécessaires à l’efficacité professionnelle et personnelle.

Dale Carnegie, leader mondial de la formation continue, est spécialisé dans les entraînements à la communication, au leadership, à la vente, au management et à la prise de parole en public. C’est la source la plus crédible dans ces domaines.

Voici sans plus tarder les principes du livre!

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Trois techniques pour influencer les autres :

Principe 1: Ne critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas !

« Si vous voulez récolter du miel, ne bousculez pas la ruche »
 » La critique est vaine parce qu’elle met l’individu sur la défensive et le pousse à se justifier. La critique est dangereuse parce qu’elle blesse l’amour-propre et qu’elle provoque la rancune. »

Principe 2: Complimentez honnêtement et sincèrement

 » Le principe le plus profond de la nature humaine, c’est la soif d’être apprécié.  » William James.

 

Principe 3: Suscitez un vif désir de faire ce que vous proposez et motivez.

Six moyens de gagner la sympathie des autres:

Principe 4: Intéressez-vous réellement aux autres

« Vous vous ferez plus d’amis en deux mois en vous intéressant sincèrement aux autres que vous ne pourriez en conquérir en deux ans en vous efforçant d’amener les autres à s’intéresser à vous. « 

 

Principe 5: Ayez le sourire

« Un sourire ne coûte rien, mais crée beaucoup. Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne. « 

 

Principe 6 : Souvenez-vous que le nom d’une personne revêt pour elle une grande importance

Principe 7 : Sachez écouter. Encouragez les autres à parler d’eux-mêmes.

Principe 8: Parlez à votre interlocuteur de ce qui l’intéresse.

« Pour trouver le chemin du cœur d’une homme, il faut l’entretenir de ce qu’il chérit le plus.  » Si vous arrivez à découvrir ce qui intéresse quelqu’un, ce qui le passionne, vous n’aurez pas qu’à vous détendre et l’écouter avec intérêt pendant qu’il vous expliquera tout ce que vous voulez savoir.

 

Principe 9: Faites sentir aux autres leur importance et faites le sincèrement.

« Tout homme que nous rencontrons croit nous être supérieur en quelque manière. Si vous voulez trouver le chemin de son cœur, prouvez-lui subtilement que vous reconnaissez sincèrement son importance. »

 

Douze moyens de rallier les autres à votre point de vue:

Principe 10: Evitez les controverses, c’est le seul moyen d’en sortir vainqueur

« Homme convaincu malgré lui, garde toujours le même avis ».

L’idée est de bien accueillir le différend. Le différend est une occasion de vous enrichir, de découvrir un point de vue nouveau que vous n’imaginiez peut-être pas. Voici quelques conseils en pareil cas :

  • Ne cédez pas à votre première impulsion.
  • Maîtrisez votre colère.
  • Commencez par écouter.
  • Cherchez des terrains d’entente.
  • Soyez honnête.
  • Promettez de réfléchir aux idées de vos adversaires, de les étudier avec soin.
  • Remerciez sincèrement vos adversaires pour leur intérêt.
  • Ajournez votre action pour laisser aux deux parties en présence le temps d’examiner en détail le problème.

Principe 11: Respectez les opinions de votre interlocuteur. Ne lui dites jamais qu’il a tord.

« Il nous arrive de modifier spontanément nos opinions sans effort et sans émotion. Mais, si l’on vient nous affirmer que nous sommes dans l’erreur, nous nous révoltons contre cette accusation et prenons instantanément une attitude défensive. C’est avec une incroyable légèreté que nous formons nos convictions, mais il suffit qu’on menace de nous les arracher que nous nous prenions pour elles d’une passion farouche »

 

Principe 12: Si vous avez tord, admettez-le promptement et énergiquement

« Le premier imbécile venu peut essayer de justifier ses erreurs. Mais l’homme qui reconnaît ses fautes s’élève au-dessus de la masse. »

 

Principe 13: Commencez de façon amicale, et tâcher de comprendre la cause de la divergence.

Principe 14: Eviter de soulever les questions sur lesquelles vous et lui ne vous entendez pas

Appliquez-vous, au contraire, jusqu’à la fin, à souligner les points sur lesquels vous êtes tous les deux du même avis. Posez des questions qui font dire oui immédiatement. (Méthode des trois « oui »).

Quand vous voulez convaincre quelqu’un, évitez, dès le début, de soulever des questions sur lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Concentrez-vous plutôt sur les points qui vous rapprochent et soulignez-les. L’objectif est de montrer que vous tendez vers le même but, et différez seulement sur les moyens d’y parvenir, et pour cela, de la faire dire « oui » le plus tôt possible, et de surtout faire en sorte qu’elle ne dise pas « non ».

 

Principe 15: Laissez votre interlocuteur parler à son aise

 » Si vous voulez vous faire des ennemis, surpasser vos amis ; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser. » François de La Rochefoucauld

Posez lui des questions et laissez le s’exprimer.

 

Principe 16: Laissez à votre interlocuteur le plaisir de croire que l’idée vient de lui.

Les idées que nous découvrons par nous-même ne nous inspirent-elles pas plus confiance que celles que nous présentent prêtes à l’emploi, sur un plateau d’argent ? Si cela est vrai, n’est-il pas maladroit d’essayer d’imposer à tout prix nos opinions ? N’est-il pas plus sage de faire quelques suggestions adroites, en laissant l’autre tirer ses propres conclusions ?

 

Principe 17: Efforcez-vous sincèrement de voir les choses du point de vue de votre interlocuteur

« Le premier venu peut condamner. Essayer plutôt de le comprendre. C’est là le fait des êtres sages, tolérant et peut-être même exceptionnels ».

 

Principe 18: Accueillez avec sympathie les idées et les désirs des autres

Car si vous étiez à leur place vous auriez probablement la même.

 

Principe 19: Si vous voulez gagner les gens à votre cause, faites appel à leurs bons sentiments.

Pour influencer les autres il est préférable de faire appel à ce qu’ils ont de plus noble. Par crainte de fissurer l’image idéaliste qu’ils ont d’eux-mêmes, ils seront plus motivés pour répondre à vos appels.

 

Principe 20: Démontrez spectaculairement vos idées. Frappez la vue et l’imagination

Principe 21: Déclencher une réaction en lançant un défis et pour faire surpasser les autres.

Neuf moyens d’amener les autres à reconsidérer leur point de vue sans offenser :

Principe 22: S’il faut absolument que vous fassiez une critique, commencez par lui faire quelques louanges sincères

Car « Il nous est moins pénible d’entendre des remarques désagréables après un compliment sur nos qualités. »

 

Principe 23: Faites remarquer d’une manière indirecte ses erreurs et ses défauts

Principe 24 : Mentionner mes erreurs avant de corriger celles des autres

Principe 25 : Au lieu de donner des ordres, poser des questions et finir la phrase par : »Qu’en pensez-vous ? »

Principe 26: Laisser votre interlocuteur sauver la face

 » Je n’ai pas le droit de dire ou de faire quelque chose qui diminue un homme à ses yeux. Ce qui compte, ce n’est pas ce que je pense de lui, mais ce que lui pense de lui-même. Blesser un homme dans sa dignité est un crime.  » Antoine de Saint-Exupéry.

 

Principe 27: Louer le moindre progrès et louer tout progrès, si légers soient-ils.

C’est ainsi que que l’on peut stimuler à continuer à voir l’autre faire des efforts.

 

Principe 28: Pour que les autres se surpasse, donner lui une belle réputation à mériter.

Principe 29: Arrangez-vous pour que la tâche à accomplir semble facile et que s’il y a une erreur qu’elle est l’air facile à corriger.

Principe 30: Faites en sorte que les autres soient heureux de faire ce que vous suggérez.

Quand vous faites votre proposition, formulez-la de telle manière que votre interlocuteur comprenne qu’il va en retirer un avantage personnel. 

Vous souhaitez améliorer concrètement vos relations avec les autres? Pensez au coaching individuel.

Comment (vraiment) écouter une personne avec empathie sans tomber dans nos pièges habituels ?

Quand nous n’avons pas appris à écouter avec empathie

(ou comment j’ai failli perdre une amie)

Je vais vous surprendre mais saviez-vous que peu d’entre nous savons réellement apporter du soutien quand une personne nous partage ses difficultés?

Il y a quelques années, avant que je me forme à la communication non violente, une amie me confiait son raz-le-bol général au niveau personnel et professionnel. En l’écoutant silencieusement, je ressentais de la peine et honnêtement, je ne savais pas quoi dire pour la rassurer, alors j’ai préféré me taire plutôt que de dire des banalités du style « c’est pas si grave, ça va aller, etc« .

D’ailleurs pendant longtemps, je me suis souvent sentie démunie face à des personnes qui me partageaient leurs problèmes ou difficultés car je ne savais pas quoi dire [parce que je n’avais pas appris].

Le lendemain, cette amie m’envoie un email en me disant qu’elle était super déçue par mon attitude de la veille, qu’elle avait l’impression que je n’avais rien à cirer de ce qu’elle m’avait partagé, que j’avais été super froide et insensible à son désarroi.

Je l’ai reçu un peu comme ça sur le moment:

CNV

J’avoue que j’étais un peu sous le choc parce que ce n’était pas du tout ce que j’avais ressenti! Je lui ai répondu en lui donnant des explications et elle a finalement mieux compris mon attitude de la veille. Happy end!

Peut-être vous sentez-vous parfois démuni ou impuissant face à un ami en difficulté. Et parce que vous êtes mal à l’aise avec le malaise de l’autre, vous vous dépatouillez comme vous pouvez en diagnostiquant, conseillant, rassurant…

Je ne dis pas que c’est mal, je dis que dans un premier temps, ce n’est pas ce qui aide la personne à se sentir comprise et rejointe.

L’empathie en communication non violente

En communication non violente, on distingue l’empathie de la bienveillance : on peut ainsi être bienveillant mais ne pas savoir être empathique.

Isabelle Padovani, enseignante en CNV l’explique merveilleusement bien dans ses vidéos (cf ci-dessous).

Elle explique notamment que lorsque l’on est dans une écoute empathique, il ne s’agit pas d’écouter les pensées de l’autre et les siennes mais de comprendre quel est le besoin qui n’est pas satisfait en ce moment chez l’autre.

Elle décrit également avec beaucoup d’humour que quand une personne se sent rejointe dans ses sentiments et besoins, elle arrête de parler. Car vous l’aurez peut-être remarqué mais certaines personnes ont tendance à radoter. Mais pourquoi radotent-elles? Parce qu’elles ne se sentent pas entendues! Donc elles répètent jusqu’à ce qu’elles se sentent comprises, jusqu’à ce qu’on atteigne notre limite et qu’on lâche un « ça va je ne suis pas sourde, j’ai compris!  »

Sauf que ça, c’est tout sauf de l’empathie (en CNV) ! :p

L’empathie en CNV c’est « prendre la mesure de l’intensité de ce que l’autre est en train de vivre«  (que ce soit de la joie ou de la tristesse). Cela ne veut pas dire que nous sommes affectés, mais que nous avons de la compassion. On peut se laisser toucher par les émotions d’une personne sans pour autant être affecté.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’être triste quand l’autre est triste. Il n’est pas non plus question d’être d’accord avec l’autre mais de percevoir ce que l’autre perçoit en terme d’intensité.

compassion

Par exemple, un ami vous raconte les vacances de folie qu’il vient de passer en Thaïlande.

Version « non empathique »:

  • Lui: « C‘était un truc de fou ces vacances! On a visité des temples, on s’est baigné dans des eaux turquoises et on a fait de superbes rencontres! »
  • Vous (en écoute habituelle): « ah ça avait l’air cool, c’est bien. »
  • Lui: « Non mais sérieux, c’était un truc de fou! On a visité des temples magnifiques, on s’est baigné dans des eaux turquoises de ouf malade et on s’est fait pleins d’amis! »
  • Vous: « Oui, j’ai compris, c’est cool! « 
  • Etc.

Version empathique:

  •  Votre ami: « C‘était un truc de fou ces vacances! On a visité des temples, on s’est baigné dans des eaux turquoises et on a fait de superbes rencontres! »
  • Vous (depuis vous avez lu mon article): « Ah ça avait l’air dément ce que tu as vécu, tu as l’air super contente de tes vacances!!! »
  • Fin.

L’autre n’a pas besoin de se répéter puisque vous lui avez montré que vous avez compris l’intensité de son émotion!

L’intensité est plus importante que les mots qu’on utilise. D’ailleurs, le non verbal représente 90% de notre communication.

Dans cet exemple, « c’est bon j’ai compris » est inutile. La vraie question de votre ami dans le fond, est:

« Es-tu en lien avec ce que je te raconte? Est ce que tu me rejoins? « 

Souvent quand une personne pleure, cela nous met mal à l’aise et on essaye d’atténuer sa tristesse car nous ne sommes pas confortables avec nos propres émotions, ce qui donne: « ça va aller, tu vas t’en sortir » (on rassure, on console) ou le fameux « c’est pas grave « , qui ne rassure pas du tout. Ou des conseils : « tu sais moi à ta place.… »

A l’inverse, comme dirait Isabelle Padovani, nous ne sommes pas obligés de nous noyer pour sentir la température de l’eau. Autrement dit, on n’a pas besoin de pleurer avec la personne ou de couler avec elle pour qu’elle puisse se sentir comprise et soutenue.

Encore une fois, la consolation ou les conseils ne sont pas « mauvais » en soi, mais doivent intervenir dans un second temps, une fois que la personne est rejointe au niveau de ses sentiments et besoins.

Comment fait-on concrètement ?

La CNV : le langage de la girafe

 

Lorsque nous voulons nous mettre en empathie avec une personne, nous nous mettons entre parenthèse et nous écoutons ce qui est vivant pour l’autre. Car souvent, nous parlons de ce que cela nous fait, alors que si nous voulons vraiment écouter une personne, nous sommes 100% avec l’autre.

Ca veut dire aussi éviter de dire ce que l’on pense tant que l’autre ne nous l’a pas demandé [je sais, j’en demande beaucoup].

Parce qu’on ne va pas se leurrer. La plupart du temps, on se transforme en diagnostiqueur, conseiller, ou guérisseur parce que NOUS, on a tout compris [« Si elle m’écoutait ça irait mieux !« ] et surtout parce qu’on veut tellement aider et soutenir les personnes que l’on aime, qu’on est souvent pas très délicat, moi la première!

Comme le précise Isabelle, quand on essaye de con-vaincre [vaincre le con], l’autre n’en retire rien et ça ne le fait pas grandir.

Les étapes de l’écoute empathique :

Synthèse de la vidéo d’Isabelle Padovani (exemples modifiés):

Quels sont les sentiments qu’il éprouve, quels sont les besoins qui sont satisfaits, ou pas ? (Télécharger la Liste-sentiments-et-besoins-CNV)

  • Quand tu vis ça, est ce que tu te sens vraiment triste, et désespérée à la mesure de ce que tu rêves de vivre dans ta vie professionnelle ? (Je propose avec délicatesse et avec un point d’interrogation).
  • Est ce que tu as autre chose à me dire?
  • Est ce que tu as envie d’entendre comment moi je me sens quand tu me dis ça? Je suis déçue et triste parce que j’aurais voulu que tu sois dans un travail qui t’épanouisse et qui soit enrichissant pour toi. Et je voudrais te dire que je suis là pour toi si tu as d’autre chose à me partager. [Reflets de MES sentiments]
  • C’est comment pour toi quand je te dis ça? 

Puis dans un seconde temps, lui demander:

  • Je vois quelque chose dans ce que tu me dis mais je ne suis pas sûre que tu le vois aussi. Est ce que tu serais d’accord que je te le partage ?(On vérifie si la personne a les moyens de l’entendre, du moins maintenant).

Si la personne dit non, alors il est inutile de continuer et dans ce cas, vous vous donnerez de l’auto-empathie.

  • Ce que j’observe c’est ce que depuis qu’on se connaît… [donner des informations objectives], je m’interroge sur la répétitivité.

Toujours vérifier que l’info qu’on donne est bien reçue. Car parfois, on veut tellement contribuer qu’on « balance » de l’info au lieu de demander à la personne ce qu’elle a bien compris.

  • Qu’est ce que tu as compris car je ne suis pas sûre d’être claire?

N’oubliez pas que « ventre affamé d’empathie n’a pas d’oreille » (Marshall Rosenberg). Donnez des petits morceaux et si la personne se vexe, redonnez-lui de l’empathie.

  • J’ai l’expérience qu’il y a une autre façon de nourrir le besoin de… Est ce que ça t’intéresserais de connaître une façon de….sans qu’il y ait frustration à la clé ? [lui faire une offre irrésistiblement sexy]

Bien entendu, cet article ne remplacera jamais une formation en CNV mais j’espère qu’il vous donnera des pistes de réflexion.

Et si vous êtes maladroits comme je peux l’être aussi, n’oubliez pas le plus important : c’est l’intention qui compte!

Pacifiquement vôtre,

Mai-Lan

 

Comment se mettre à la place des autres ?

Et si on essayait les chaussons des autres ?

Combien de fois, nous jugeons les autres et prétendons que nous ferions mieux à leur place : « Moi quand je serai parent, je ne ferai pas ça », « si j’étais chef, je ferais ça », sans compter les nombreux jugements que nous émettons lorsque nous rencontrons des personnes pour la première fois, «il a l’air…».

Il y a plusieurs années, j’avais des relations un petit peu….tendues avec ma chef.

Pour moi, elle ne savait pas gérer son stress alors que « c’est la moindre des choses quand on est manager ! ». C’était l’époque où je me formais à la PNL.

Après plusieurs mois de tensions et d’accrochages, j’ai voulu mettre en pratique ce que j’avais appris et changer de point de vue : « Je vais essayer de changer pour voir si elle, elle change ».

J’avais tout essayé : ne rien dire lorsqu’elle m’agaçait, serrer les points, lui répondre de manière agressive, l’ignorer. Mais rien. Pas de changement !

Comme me disait mon formateur, « quand les choses ne marchent pas, ça ne sert à rien de faire plus de la même chose ! »

Alors, j’ai essayé de ne plus la blâmer (enfin…moins, faut pas pousser non plus ! ;)) et je me suis demandée ce qui pourrait faire qu’elle agisse comme ça, quelles pouvaient être les vraies raisons et motivations de son comportement.

Et comme le dit un précepte en PNL: : « le comportement n’est pas la personne. Derrière chaque comportement, il y a une intention positive ». Alors, je me suis vraiment mise à sa place et j’ai compris beaucoup de choses, notamment que j’étais moins sûre de faire mieux si j’étais vraiment à sa place ! J’ai donc agis avec plus d’empathie et de compréhension. Et nos relations se sont nettement améliorées depuis.

Comment ?

  • Commencez déjà par reconnaître que vous êtes en train de juger…sans vous juger ! Observez la pensée qui surgit et revenez à votre respiration.
  • Mettez-vous dans les chaussures de l’autre pendant un instant. Imaginez que vous êtes elle/lui, dans son rôle (de chef, parent, ami, collègue…), avec son environnement actuel, ses responsabilités, ses contraintes, son système de croyances et de valeurs.
  • Puis demandez-vous : « Si j’étais vraiment à sa place, comment je me comporterais ? Comment je penserais ? Comment je me sentirais ? »
  • Maintenant, demandez-vous quelle est l’intention positive de son comportement (pour les autres ou pour elle-même). Que cherche-t-elle à protéger ou à exprimer lorsqu’elle agit comme ça ?

En modifiant notre point de vue, nous constatons que nous nous arrêtons souvent à un jugement hâtif, que nous voyons seulement la partie émergée de l’iceberg et que la réalité est souvent bien plus complexe.

Alors la prochaine fois, avant de juger quelqu’un, demandons-nous : et si j’étais réellement à sa place ?

Accepter un refus

Ou comment dire oui à un non.

bambou1J’ai fait plusieurs voyages et ce qui m’a particulièrement marqué chez les Mexicains c’est que lorsqu’ils essayent de vous vendre quelque chose et que vous prenez le temps de regarder, négocier, puis finalement décidez de ne pas l’acheter, ils ne s’en offusquent pas: à la place,  ils vous remercient, vous sourient et vous disent « hasta luego (à bientôt) ! ».

Whaou quelle leçon!

De tous les pays que j’ai fait c’est la première fois que je vois ça. Jusqu’à présent, la plupart des gens souriaient dans un but purement commercial et quand ils n’arrivaient pas à leurs fins, la politesse et le sourire s’évanouissaient aussi vite qu’ils étaient apparus. Dans le meilleur des cas, la personne nous tournait le dos et nous ignorait. Dans le pire, elle nous envoyait balader.

Les Mexicains que j’ai rencontré accueillent un refus comme il l’est : un non « ici et maintenant ».

Pour moi, ils ont tout compris : quand je dis non maintenant, cela ne signifie pas que je ne changerai pas d’avis dans une heure ou un autre jour. Le fait qu’ils me donnent le droit de refuser, je me sentais pleine de gratitude et plusieurs fois j’ai rebroussé chemin pour leur acheter un article alors que ceux qui m’ont boudé, ne m’ont jamais revu.

Cela m’a fait questionner sur ma propre capacité à accueillir un refus. Je dois malheureusement avouer que souvent lorsque j’entends « non », quelque chose se crispe en moi. Une partie de moi (et des fois, tout mon être!) est blessée et n’a pas envie de l’accepter.

Alors j’aimerais tout simplement dire merci aux Mexicains qui m’ont donné cette belle leçon :

Un non reçu avec le sourire est certainement un futur oui.

Et vous, comment accueillez-vous un « non »?

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