Pleine conscience de l’odorat – Thich Nhat Hanh

On continue dans la série des 5 sens avec cette fois-ci la pleine conscience de l’odorat, toujours issue de la tradition du Village des Pruniers.

Notre nez est l’organe qui nous permet de capter physiquement toutes les odeurs qui nous entourent grâce aux innombrables terminaisons nerveuses qui s’y trouvent, et qui envoient les informations relatives à ces odeurs à notre cerveau, via le filtre de nos mémoires, de nos perceptions, de notre conscience, qui analyse et décrypte toutes ces odeurs : « voilà une odeur agréable ou voilà une mauvaise odeur, ou encore voilà une odeur inconnue ».

Nous saurons aussi si telle ou telle odeur va nous amener à nous réjouir, à nous nourrir, ou à nous mettre en alerte d’un danger potentiel tel une odeur de gaz par exemple.

Le monde des odeurs est un monde de sensations, qu’elles soient agréables ou désagréables, voire neutres. Ces sensations peuvent faire naître en nous des formations mentales telles que la joie, le désir (de manger), la répulsion, la peur ou l’inquiétude, etc…

Elles peuvent nous ramener dans le passé et la tristesse de la perte d’un être cher dont le souvenir d’une odeur en particulier nous a touchés ; mais le souvenir peut aussi être une source de joie bien sûr et au contraire nous réconforter, et sans doute nous faire sourire.

Cependant les sensations liées à l’odorat peuvent nous ramener aussi au moment présent, tout comme le ferait un petit son de cloche qui résonnerait dans notre mental.

Puis, notre nez est avant tout l’organe par lequel nous respirons et qui nous permet en partie de développer notre concentration sur la respiration, particulièrement en étant attentif (ve) à l’air frais qui entre par les narines et qui en ressort plus chaud.

Nous pourrions même dire que notre nez est un élément essentiel de notre méditation : pas de nez, pas de respiration, pas de concentration, pas d’air,… ahaha !

Mais lorsque notre nez est bouché ou malade, ou bien qu’il y a quelque problème ORL, nous savons bien qu’il est très important, et que nous ne pouvons plus être aussi paisible dans notre vie quotidienne ou pendant notre méditation, n’est-ce pas ?

 

Voici quelques pistes pour établir notre pleine conscience :

  • S’asseoir paisiblement chez soi ou dans un parc en respirant calmement, et porter son attention à la pointe de son nez pour prendre conscience de l’air qui entre par les narines ; l’air qui entre est frais, celui qui ressort est plus chaud.
  • Se réjouir du bon fonctionnement de son nez, l’air entre et sort librement, et cela apporte tout de suite de la détente, du soulagement.
  • Si le nez est bouché, ou si la respiration n’est pas bonne suite à un problème physique ou de santé, alors pratiquer la respiration à la fois par le nez et par la bouche, ou seulement par la bouche (ne pas forcer l’inspiration ou l’expiration par le nez en cas d’obstruction).

 

Le monde des odeurs et des sensations :

  • A la campagne ou en ville, il y a plein d’odeurs, avec la terre, les arbres, les fleurs, les champignons, le compost, le fumier, la décomposition d’un cadavre d’animal, les odeurs de carburant, les odeurs de cuisine, de boulangerie, etc… : – marchant lentement ou non, on peut pratiquer l’arrêt et le retour à soi lorsqu’une telle odeur survient tout comme un son de cloche qui jaillirait dans le tumulte des pensées
  • Pratiquer l’arrêt et reconnaître si cette odeur paraît agréable ou désagréable, s’il y a une envie de rester et consommer cette odeur ou au contraire s’il y a une envie de la fuir.
  • Conscients(es) d’une odeur, regarder en profondeur d’où vient cette sensation agréable ou non, que fait-elle remonter en soi comme souvenir, quel évènement ou personne est lié(e) à cette odeur, est-ce qu’il y a de l’attachement ou de la répulsion, de la discrimination (bonne odeur, mauvaise odeur) et voir que cela sera sans doute différent pour une autre personne…

La conscience olfactive :

  • Lorsqu’il y a la présence d’une odeur agréable, s’arrêter et faire quelques respirations conscientes pour reconnaître l’odeur agréable : « je suis pleinement conscient(e) de la présence de cette odeur, de la sensation agréable que cela me procure, de mon nez qui respire l’air qui porte cette odeur »
  • Si cette odeur est désagréable, prendre le temps tout de même et si possible, de faire quelques respirations conscientes afin d’être pleinement présents(es) à cette sensation désagréable et contempler ce qui se produit dans le mental, comme de la répulsion, du dégoût… juste pour expérimenter les sensations et la reconnaissance de ces sensations, et la conscience olfactive qui en résulte
  • Si l’odeur est neutre, être simplement conscient de son nez qui respire l’air frais.

 

Ouvrez grand vos narines et belle pratique!

Pacifiquement,

Mai-Lan

Cet article est un résumé de l’article publié sur le blog de la Maison de l’Inspir, pour le retrouver dans son intégralité, cliquez ici.

***

logo koober; koober.comPour les lecteurs du blog, bénéficiez de -40% sur votre abonnement annuel à l’application KOOBER avec le code promo « LESGUERRIERSPACIFIQUES » . Vous pourrez lire à volonté des centaines de résumés de livres en moins de 20 minutes.

ATTENTION: vous devez rentrer le code promo sur le site web et non sur l’application.

Pleine conscience du goût – Thich Nhat Hanh

Quand prenons-nous le temps de savourer ? Et prenons-nous le temps de savourer ?

Le goût est un sens qui nous est très familier, nous l’exerçons plusieurs fois par jour. Manger est un acte habituel dans notre quotidien, indispensable pour nous maintenir en bonne santé et nous permettre de pleinement développer notre bodhicitta, notre esprit d’Eveil.

Quand nous prenons  le temps de contempler un aliment, d’en découvrir tous les aspects, la texture, l’odeur, le son, la couleur et la… saveur, nous expérimentons ainsi, ce que vraisemblablement nous savons déjà, que ce sens est en lien avec tous les autres sens.

Choisissons un aliment (orange, chocolat…) pour en explorer tous les aspects et revenir à la pleine conscience de cette interdépendance de nos sens.

Nous pouvons pratiquer avec curiosité et créativité ; par exemple inverser le déroulement du repas et commencer par le dessert, essayer de manger avec la main malhabile ou avec des baguettes…et observer nos réactions.

Le goût est un sens qui nous met profondément en contact avec « j’aime » d’où le risque d’avidité et d’attachement et « je n’aime pas » d’où le risque d’aversion, de dégoût. Est-ce que savourer, tout en restant dans la modération, nous évite ces deux écueils ?

Le goût nous met en contact aussi avec nombre de nos conditionnements, avec notre culture, avec les plats faits par notre mère ou notre grand-mère, avec notre attitude face à des plats exotiques. Si nous sommes curieux des cuisines du monde, savourer devient alors une très concrète invitation au voyage. Manger en pleine conscience peut nous aider à toucher tout l’univers.

Vous pouvez voir au Village des calligraphies de Thay (Thich Nhat Hanh) disant :

« Ce morceau de pain dans ma main contient tout le cosmos »

Thay conclut ainsi son ouvrage « Savourez » :

« Savourez le temps qui vous reste dans cette vie. Savourez chaque instant, chaque respiration, chaque repas, chaque relation, chaque action ou chaque non-action, chaque occasion de préserver vote bien-être et le bien-être de notre monde. Intégrez et pratiquez la pleine conscience dans votre vie afin qu’elle devienne une habitude, un mode de vie. Faites en sorte que d’autres se joignent à vous, que vous vous souteniez les uns les autres pour manger, travailler et vivre en pleine conscience tous ensemble. Vivre ainsi est le seul bien authentique que vous possédiez. C’est l’essence d’une vie pleine de sens, profondément satisfaisante. »

Quand nous n’avons plus besoin d’effort d’apprentissage pour certaines pratiques, nous pouvons être dans « l’effort sans effort » et savourer la pratique.

Savourer la marche, la respiration,… peut nous protéger d’une forme d’ennui qui apparaîtrait dans la répétition des pratiques.

Voici un texte qui est lu avant chaque repas au Village de Pruniers et que vous pouvez lire également pour pratiquer la pleine conscience du goût: 

Les cinq contemplations :

1* Cette nourriture, fruit du ciel, de la terre, de beaucoup de travail et d’amour, est un don de l’univers tout entier.
2* Recevons-la en Pleine Conscience, avec Amour et Gratitude afin d’en être dignes.
3* Reconnaissons et transformons nos états mentaux négatifs, notamment la gourmandise, afin d’apprendre à manger avec modération.
4* Puissions-nous maintenir notre compassion éveillée en mangeant de façon a réduire la souffrance des êtres vivants, à cesser de contribuer au changement climatique et à préserver notre planète.
5* Nous acceptons cette nourriture avec gratitude afin de pratiquer et de réaliser le chemin de la compréhension et de l’amour, de développer notre fraternité, de construire notre communauté et de nourrir notre idéal de servir tous les êtres vivants.

Découvrez l’article original et complet sur le blog de La Maison de l’Inspir.

Bonne dégustation du moment présent!

Pacifiquement,

Mai-Lan

***

logo koober; koober.comPour les lecteurs du blog, bénéficiez de -40% sur votre abonnement annuel à l’application KOOBER avec le code promo « LESGUERRIERSPACIFIQUES » . Vous pourrez lire à volonté des centaines de résumés de livres en moins de 20 minutes.

ATTENTION: vous devez rentrer le code promo sur le site web et non sur l’application.

Méditation du son

Notre vie quotidienne est remplie de sons de toutes sortes et de toutes natures, et la plupart de ces sons, de ces bruits sont le fruit de notre activité, notamment dans les grandes métropoles mais aussi dans les campagnes.

Nous pensons peut-être avoir davantage de besoins et nous cherchons sans cesse de nouveaux moyens pour satisfaire ces besoins ; mais allumons la torche de la pleine conscience…

stock photo, ear, hearing, hear

La pleine conscience de nos oreilles en premier, en prenant contact avec cette partie de notre corps capable de capter les sons, capable d’entendre et d’écouter, sans attendre d’avoir une maladie comme une otite par exemple qui révèlerait cette conscience et de ce fait nous indiquerait la présence de nos oreilles : l’oreille externe bien visible, et nous sommes bien conscients de sa présence et l’oreille interne invisible que nous pouvons ressentir grâce aux sons.

Prendre soin de nos oreilles en portant notre attention sur elles pendant la toilette (ou à un autre moment) ; nous pouvons faire des petits massages, les oreilles étant le lieu de plusieurs points d’énergie.
Prendre soin de nos oreilles internes en ne portant pas trop longtemps de casques musicaux et en ne mettant pas le volume trop fort
Faire attention à certaines nourritures comestibles qui parfois, selon la sensibilité de chacun, chacune, peuvent provoquer des inflammations ou des maladies.

Free stock photo of nature, water, weather, patternLa pleine conscience des bruits et des sons qui sont captés physiquement par nos oreilles puis ensuite envoyés à notre cerveau ; nous savons que les sons se présentent sous forme d’ondes propagées par l’air tout comme celles que nous voyons à la surface de l’eau, et si ces ondes sont trop fortes ou intense elles peuvent endommager nos oreilles. Mais aussi, ces sons et ces bruits peuvent faire naître en nous des sensations, agréables ou désagréables, voire neutres.

Reconnaître et être attentif, attentive, aux bruits dans notre maison ou aux alentours et voir si ces sons nous apportent du bien-être ou non.
Prendre soin de notre sensation en écoutant des émissions ou des morceaux de musique qui ne soient pas agressifs
Trouver dans notre emploi du temps des moments de calme, plus silencieux.

La pleine conscience de notre consommation vis-à-vis des sons, ce qu’ils nous apportent comme nourriture ou bien est-ce que ces sons nous permettent de fuir une certaine réalité que nous n’aimons plus ? Est-ce que nous nous isolons du monde extérieur par le biais de la musique par exemple ?

Voir comment un son est capté par notre oreille et analysé par notre esprit à travers le filtre de nos perceptions erronées, à travers le filtre de nos connaissances.
Voir comment l’on se nourrit de sons et si cette nourriture n’est pas un moyen de fuir la réalité, de fuir un problème auquel nous ne voulons pas être confronté.
Voir comment certaines conversations, certaines émissions audio ou certaines musiques peuvent être toxiques, dans le sens où cela génère du désespoir et de la tristesse.

Free stock photo of forest, meadow, leaves, autumn

En allant se ressourcer dans la nature en forêt, écouter le crissement des feuilles mortes sous nos pas, le craquement des brindilles… s’arrêter un moment et « tendre l’oreille », peut-être entendrons-nous les arbres parler ! 

Se promener au bord d’une rivière et prendre le temps là aussi de s’arrêter pour écouter la chanson de la rivière
Rester au calme chez soi en éteignant la radio ou la télé, en mettant de côté son I-Pod ☺ ; écouter les bruit de notre maison, peut-être y a-t-il le tic-tac d’une pendule ou les pas précipités d’un enfant dans l’appartement au-dessus

Marcher le matin de bonne heure permet d’entendre les petits oiseaux « se parler entre eux » alors qu’il ne fait pas encore jour… timidement en hiver et très vigoureusement au printemps !!

Pratique de la pleine conscience des oreilles et des sons

Tirée de « Un lotus s’épanouit » de Thích Nhất Hạnh

  • 1. J’inspire, je savoure mon inspiration. – Inspire
  • J’expire, je savoure mon expiration. – Expire
  • 2. J’inspire, je suis là pour mon corps tout entier. – Présence au corps
  • J’expire, je relâche les tensions du corps. – Détendre le corps
  • 3. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Souriant à mes oreilles, j’expire. – Sourire
  • 4. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Conscient du bruit, j’expire. – Conscient du bruit
  • 5. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Conscient d’un pleur de douleur, j’expire. – Conscient d’un pleur de douleur
  • 6. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Conscient du chant, j’expire. – Conscient du chant
  • 7. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Conscient du bruit de la pluie, j’expire. – Conscient du bruit de la pluie
  • 8. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Conscient du rire, j’expire. – Conscient du rire
  • 9. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Conscient du silence, j’expire. – Conscient du silence
  • 10. Conscient de mes oreilles, j’inspire. – Conscient des oreilles
  • Voyant l’impermanence de mes oreilles, j’expire. – Impermanent

Source : le Blog de la Maison de L’Inspir

Belle pratique!

Pacifiquement,

Mai-Lan

***

logo koober; koober.comPour les lecteurs du blog, bénéficiez de -40% sur votre abonnement annuel à l’application KOOBER avec le code promo « LESGUERRIERSPACIFIQUES » . Vous pourrez lire à volonté des centaines de résumés de livres en moins de 20 minutes.

ATTENTION: vous devez rentrer le code promo sur le site web et non sur l’application.

Méditation du toucher

Cette pratique est issue de la tradition du Village des Pruniers du maître Thich Nhat Hanh. 

Le contact avec la peau est un puissant indicateur de la qualité de notre environnement. Il nous avertit d’un danger ou peut nous combler de joie. Notre conscience du tréfonds (là où sont enfouies toutes les semences représentant tout ce que nous avons fait, vécu ou perçu) en garde le souvenir et ce sens nous accompagne constamment pour nous guider dans nos perceptions les plus fines. Quand ce sens s’amoindrit ou se perd, nous pouvons nous sentir en danger.

La Pleine Conscience nous permet de continuer à nourrir ce sens. Nous pouvons pratiquer de diverses manières:

Dans notre environnement physique :

– Pratiquons une marche méditative pieds nus, conscients du contact de la peau de nos pieds avec le sol, de toutes les

 informations que ce contact nous donne et soyons conscients de combien il est précieux. Peut-être pouvons nous retrouver le sable qui roule sous nos orteils, la fraîcheur de la vague qui caresse nos pieds, la pluie tiède d’un orage d’été nous mettant en contact avec « les éléments rafraîchissants et porteurs de guérison qui sont en nous et autour de nous » (cinquième entraînement).

– Quand nous buvons une tasse de thé, tenons-la avec nos deux mains, conscients des sensations de chaleur, de la nature des matériaux dans nos mains, conscients de toute la chaîne de petites et grandes mains qui ont été nécessaires pour que cette tasse de thé soit là et si par chance elle est de fabrication artisanale alors elle contient le contact des mains du potier.

Quand nous portons la tasse à nos lèvres, d’autres sensations naissent. S’entraîner à les observer nous permettra d’avoir une perception de plus en plus fine et plus subtile des ces sensations nous faisant ainsi entrer en intimité avec nous-mêmes.

Souvenons-nous que comme pour tous les bébés, porter un objet à nos lèvres a été un fantastique moyen d’exploration de notre univers.

Dans notre environnement relationnel :

Le contact de la peau est un extraordinaire moyen de communication

Peut-être davantage que pour certains des autres sens, le contact de la peau reste tout au long de notre vie un précieux moyen de communication non verbale. Notre tréfonds le sait bien, lui qui connaît toutes nos joies, nos enthousiasmes, nos passions, nos failles, nos manques, nos blessures et nos cicatrices sur le sujet.

Nous savons que les bébés prématurés se développent mieux s’il est possible d’organiser un « peau à peau » avec l’un des parents. Et quand nos autres sens commencent à s’effacer, dans le grand âge, le contact devient alors un précieux allié dans la communication.

Savons-nous prendre soin de ce contact dans la relation à l’autre ? Savons-nous être profondément respectueux et sentir le moment où nous risquons d’être intrusifs ?

Quand nous saluons une personne en lui serrant la main, sommes-nous vraiment présents à ce contact ? Qu’acceptons-nous d’offrir et de recevoir dans ce contact ?

Les mains et le contact des mains sont aussi un élément de guérison

– Si nous avons le talent de pouvoir offrir des massages, ce n’est pas très difficile, nous pouvons apprendre, c’est une belle pratique que nous pouvons offrir comme un temps de méditation et si nous sommes receveur, jusqu’où acceptons-nous ce cadeau ?

– Thay nous offre cette belle pratique de la méditation de l’étreinte, faisons le vœu de la pratiquer sans hésiter dès que les circonstances sont favorables.

Pour nous soutenir dans ces pratiques de la vie quotidienne, nous avons besoin de la pratique des méditations assises. C’est souvent un moment où nos sens sont moins sollicités. Thay nous propose de méditer en nous appuyant sur des expériences que nous avons vécues. Nous pouvons aussi être sensibles au contact du vêtement sur la peau, au léger souffle d’air qui passe sur la nuque ou à d’autres manifestations du toucher pendant l’assise.

Méditation guidée sur le toucher

(issue de l’ouvrage de Thich Nhat Hanh, « Un Lotus s’épanouit »)

  • Inspirant, je porte mon attention sur toute l’inspiration. Expirant, je porte mon attention sur toute l’expiration
  • Inspiration/ Expiration
  • Inspirant, si ma respiration devient plus profonde, j’en suis conscient. Expirant, si ma respiration ralentit, j’en suis conscient
  • Plus profonde/ Ralentit
  • Inspirant, si je me sens plus calme, j’en suis conscient .Expirant si je me sens soulagé, j’en suis conscient.
  • Calme / Soulagé
  • Conscient de ma peau j’inspire. Conscient du sens du toucher j’expire.
  • Conscient de ma peau / Conscient du toucher
  • Conscient de ma peau, j’inspire. Conscient du soleil sur ma peau, j’expire.
  • Conscient de ma peau / Conscient du soleil
  • Conscient de ma peau, j’inspire. Conscient de l’eau fraîche sur ma peau, j’expire.
  • Conscient de ma peau / Conscient de l’eau fraîche.
  • Conscient de ma peau, j’inspire. Conscient de toucher l’écorce d’un arbre, j’expire.
  • Conscient de ma peau, Toucher l’écorce.
  • Conscient de ma peau, j’inspire. Conscient de toucher un ver de terre, j’expire
  • Conscient de ma peau / Toucher le ver
  • Conscient des merveilles du sens du toucher, j’inspire. Conscient de son interdépendance avec tous les autres sens j’expire.
  • Merveille du toucher/ En interdépendance avec tous les autres sens

 

Source : le Blog de la Maison de L’Inspir

Belle pratique!

Pacifiquement,

Mai-Lan

***

logo koober; koober.comPour les lecteurs du blog, bénéficiez de -40% sur votre abonnement annuel à l’application KOOBER avec le code promo « LESGUERRIERSPACIFIQUES » . Vous pourrez lire à volonté des centaines de résumés de livres en moins de 20 minutes.

ATTENTION: vous devez rentrer le code promo sur le site web et non sur l’application.

Méditation de l’amour altruiste (Mathieu Ricard)

Pour méditer sur l’amour altruiste, il faut commencer par prendre conscience qu’au plus profond de nous-mêmes nous redoutons la souffrance et aspirons au bonheur. Cette étape est particulièrement importante pour ceux qui ont une image négative d’eux-mêmes ou ont beaucoup souffert, et qui estiment qu’ils ne sont pas faits pour être heureux.

Engendrons une attitude chaleureuse, tolérante, et bienveillante envers nous-mêmes ; décidons que, dorénavant, nous ne nous voulons que du bien.

Une fois reconnue cette aspiration, nous devons ensuite admettre le fait qu’elle est partagée par tous les êtres. Reconnaissons notre humanité commune. Prenons conscience de notre interdépendance. La chemise que nous portons, le verre dans lequel nous buvons, la maison où nous habitons, tout cela n’est possible que grâce à l’activité d’innombrables autres. Le plus simple objet de notre vie quotidienne est comme imprégné de la présence d’autrui. Réfléchissons à l’origine de la feuille de papier blanc sur laquelle nous écrivons.

D’après Greg Norris qui étudie le « cycle de vie » des produits manufacturés, au moins trente-cinq pays sont impliqués dans la fabrication d’une feuille de papier. Imaginons le bûcheron qui a coupé l’arbre, l’ouvrier dans son usine, le transporteur dans son camion, la boutiquière à son comptoir ; comme nous, ils ont une vie avec des joies et des souffrances, des parents et des amis. Tous partagent notre humanité ; aucun d’entre eux ne souhaite souffrir. Cette prise de conscience doit nous amener à nous sentir plus proches de tous ces êtres, à ressentir de l’empathie à leur égard, à être concernés par leur sort et à leur vouloir du bien.

Faisons d’abord porter notre méditation sur un être cher

Il est plus facile de commencer à nous entraîner à l’amour altruiste en pensant à quelqu’un qui nous est cher. Imaginons un jeune enfant qui s’approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d’innocence. Nous lui caressons la tête en le contemplant avec tendresse et le prenons dans nos bras, tandis que nous ressentons un amour et une bienveillance inconditionnels. Laissons-nous imprégner entièrement par cet amour qui ne veut rien d’autre que le bien de cet enfant. Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée.

Étendre notre méditation

Étendons ensuite ces pensées bienveillantes à ceux que nous connaissons moins. Eux aussi souhaitent être heureux, même s’ils sont parfois maladroits dans leurs tentatives d’échapper à la souffrance.

Allons plus loin ; incluons dans cette bienveillance ceux qui nous ont fait du tort, et ceux qui nuisent à l’humanité en général. Cela ne signifie pas que nous leur souhaitons de réussir dans leurs entreprises malveillantes ; nous formons simplement le vœu qu’ils abandonnent leur haine, leur avidité, leur cruauté ou leur indifférence, et qu’ils deviennent bienveillants, soucieux du bien d’autrui. Portons sur eux le regard d’un médecin sur ses patients les plus gravement atteints. Enfin, embrassons la totalité des êtres sensibles dans un sentiment d’amour illimité.

La compassion

La compassion est la forme que prend l’amour altruiste lorsqu’il est confronté à la souffrance de l’autre. Pour cela, il faut se sentir concerné par le sort de l’autre, prendre conscience de sa souffrance, souhaiter qu’il en soit guéri, et être prêt à agir en ce sens.

Pour engendrer la compassion, imaginons qu’un être cher est, une nuit, victime d’un accident de la route et gît blessé sur le bas-côté, en proie à d’atroces douleurs. Les secours tardent à arriver et nous ne savons que faire. Nous ressentons intensément la souffrance de cet être cher comme si c’était la nôtre, mêlée d’un sentiment d’angoisse et d’impuissance. Cette douleur nous atteint au plus profond de nous-mêmes, au point de devenir insupportable.

À ce moment-là, laissons-nous aller à un immense sentiment d’amour pour cette personne. Prenons-la doucement dans nos bras. Imaginons que des flots d’amour émanent de nous et se déversent sur elle. Visualisons que chaque atome de sa souffrance est maintenant remplacé par un atome d’amour. Souhaitons du fond du cœur qu’elle survive, qu’elle guérisse et cesse de souffrir.

Ensuite, étendons cette compassion chaleureuse à d’autres êtres qui nous sont chers, puis, peu à peu, à l’ensemble des êtres, en formant du fond du cœur ce souhait :

« Puissent tous les êtres se libérer de la souffrance et des causes de leurs souffrances. »

La réjouissance, la célébration et la gratitude

Il y a en ce monde des êtres qui possèdent d’immenses qualités, d’autres qui comblent l’humanité de bienfaits et dont les entreprises sont couronnées de succès, d’autres qui, simplement, sont plus doués, plus heureux, ou réussissent mieux que nous. Réjouissons-nous sincèrement de leurs accomplissements, souhaitons que leurs qualités ne déclinent pas, mais au contraire perdurent et s’accroissent. Cette faculté de célébrer les meilleurs aspects d’autrui est un antidote à l’envie et à la jalousie, lesquelles reflètent une incapacité à se réjouir du bonheur d’autrui. C’est aussi un remède au découragement et à la vision sombre et désespérée du monde et des êtres. »

Matthieu Ricard, « Plaidoyer pour l’altruisme »

L’esprit du débutant

Shoshin, ou l’esprit du débutant


Un célèbre maître de zen reçoit un jour la visite d’un homme qui déclare vouloir étudier avec lui. Le maître l’invite à boire le thé pendant que le visiteur lui expose son passé, lui décrit son cheminement spirituel, ses découvertes, ses réflexions et nomme les maîtres qu’il a côtoyés.

Le maître écoute patiemment et recommence à lui verser du thé dans sa tasse déjà pleine. Celle-ci se remplit à ras bord et finit par déborder, le thé coulant tout autour. L’élève s’écrit alors « Que faites-vous?! Ma tasse est déjà pleine! ».

Et le maître lui répond « Comment voulez-vous qu’un enseignement pénètre votre esprit alors qu’il est déjà plein comme cette tasse?

Cette histoire illustre un des concepts hérités du Bouddhisme: celui de shoshin, l’esprit du débutant.

Shoshin consiste à avoir l’attitude et l’état d’esprit de quelqu’un qui s’engage dans une pratique pour la première fois. Une attitude faite d’enthousiasme, de modestie, d’humilité et d’absence de préconceptions.

Suzuki Roshi écrit : « Esprit zen, esprit de débutant ; dans l’esprit du débutant il y a de nombreuses possibilités, dans l’esprit de l’expert il y en a peu. Qu’est-ce qu’un esprit de débutant ? C’est un esprit ouvert, un esprit vide, un esprit prêt. « 

L’esprit du débutant c’est l’élan originel, dans sa sincérité, son ouverture, son intuition.

J’aime aussi l’appeler l’esprit du nouveau-né. Si vous observez un jeune enfant, vous constaterez qu’il s’émerveille de tout: un caillou, une fleur, une fourmi…

Maintenant… observez un adulte! :p Hum! Pas tout à fait la même chose!

Avec le temps, nous prenons pour « acquis », pour « normal » à peu près tout ce qui est présent dans notre vie. Nous perdons notre émerveillement des choses simples. Nous cherchons l’extraordinaire à l’extérieur de nous, dans le prochain défi, challenge, objectif.

Bref, dans des moments de vie ponctuels et éphémères.

L’habitude nous rend aveugle à notre propre vie, et à l’extraordinaire dans l’ordinaire.

 

La méditation de pleine conscience nous invite à pratiquer l’esprit du débutant.

Entrer en méditation c’est partir à l’aventure. Une aventure pleine d’imprévus, d’obstacles mais aussi pleine d’émerveillement, de joie et de simplicité.

Chaque fois que nous accueillons quelque chose de nouveau, nous amenons en nous une vitalité nouvelle : notre cœur s’agrandit, nous permettons au mouvement de la vie de circuler en nous.

L’esprit du débutant nous invite à lâcher prise sur le résultat. Il n’y a rien à atteindre. Chaque moment est unique et différent. C’est aussi dans cet espace que les solutions émergent. Sans forcer.

Il n’y a pas de  jugements « bien ou mal » qui limitent notre esprit. Nous accueillons ce qui est sans jugement et sans attente.

Nous apprenons à vider notre tasse, pour lui permettre d’être remplie différemment.

Exercices :

Dans les jours qui viennent, exercez-vous à pratiquer l’esprit du débutant. Par exemple, essayez d’observer le trajet que vous empruntez tous les jours avec un esprit neuf, comme si c’était la première fois que vous le voyiez.

Que découvrez-vous de nouveau sur votre chemin?

Faites-le aussi avec des personnes de votre entourage personnel ou professionnel: plutôt que de parler à votre interlocuteur avec votre tasse pleine de préjugés, d’idées toutes faites à propos de lui ou elle, laissez-vous surprendre, peut-être par un élément physique (la couleur de ses yeux, un grain de beauté, le grain de sa peau, etc) et/ou par une qualité que vous lui découvrez (surtout si c’est une personne que vous n’appréciez pas!)

Et laissez-vous surprendre…

Mai-Lan Ripoche

 

Pin It on Pinterest